Departmental Bulletin Paper Penser l'insoumission de Maurice Blanchot avec Étienne Balibar : Le droit à la non-réponse comme une méthode de transgression et de résistance

Ueda, Kazuhiko

46pp.99 - 109 , 2016-03 , Institute for Research in Humanities Kyoto University
ISSN:0084-5515
NCID:AA00498213
Description
Workshop: What "we" owe to Étienne Balibar's reading--Individuality and Community, from Rousseau to Blanchot (January 17th, 2015)
Journée d'études : Ce que « nous » devons à la lecture d'Étienne Balibar--Individualité et Communauté, de Rousseau à Blanchot (le 17 janvier 2015)
Dans son article consacré à Maurice Blanchot, Étienne Balibar essaye de montrer la radicalité de la « Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie » à travers l'analyse de textes propres à Blanchot : « La littérature et le droit à la mort » et « L'insurrection, la folie d'écrire ». Dans ces deux textes, Blanchot aborde, aux yeux de Balibar, un « rapport paradoxal » qui rapporte la « littérature » à « des moments extrêmes de la politique ». En nous rapprochant ainsi du point où se croisent chez Blanchot la question de la littérature et celle de la politique, Balibar nous incite à examiner à quel horizon l'insoumission, telle que Blanchot la conçoit, peut avoir au juste une effectivité. Certes, Balibar a voulu tirer de la Déclaration les idées qui peuvent produire des pratiques politiques « au-delà de son moment propre ». Et pourtant, avant de donner sa proposition constructive, Balibar nous inspire un doute qui dénie l'effectivité de la Déclaration en tant qu'activité politique : « le droit à l'insoumission, en tant qu'activité individuelle et collective à la hauteur de l'état d'urgence démocratique [...] n'existerait à proprement parler que dans l'espace littéraire? » Tout en présentant ce doute, Balibar oriente la lecture des textes de Blanchot vers un schème de transgression et un schème de résistance pour retrouver chez Blanchot les idées qui permettent de préparer des pratiques effectives dans l'espace politique. Tout en acceptant l'orientation que Balibar nous a proposée, je me demande encore si l'insurrection, soit sous forme de transgression, soit sous forme de résistance, n'existe que dans l'espace littéraire. J'oserai avancer donc une hypothèse : l'insurrection telle que Blanchot la conçoit avec Sade n'existe que dans un espace « littéraire » ; mais un tel espace « littéraire » peut s'ouvrir sur l'espace politique. À travers la lecture de textes de Blanchot, de Stirner et de Derrida, je tâtonne une insurrection « littéraire » dont l'effectivité est justement politique.
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