Departmental Bulletin Paper 「存在」の語 を抹消する交差線―差延 : デリダの『ハイデガー』講義(1964-1965)より

長坂, 真澄

12pp.62 - 79 , 2015-12-08 , 京都大学文学研究科宗教学専修
ISSN:1880-1900
Description
La publication en 2013 de Heidegger : la question de l’Être et l’Histoire – Cours de l’ENS-Ulm 1964-1965 a radicalement renouvelé le paysage de la recherche sur la réception derridienne de Heidegger. Le présent essai a pour but d’articuler cette lecture que Derrida, très inspiré par les oeuvres du dernier Heidegger, fait de Sein und Zeit.Tout au long de ce cours, Derrida fait apparaître, dans Sein und Zeit, le fil conducteur de la problématique ultérieure qui devient capitale dans des textes tels que Die Einführung in die Metaphysik, « Brief über den “Humanismus” » ou « Zur Seinsfrage » – il s’agit de la problématique du langage. Dans cette perspective rétrospective, Derrida commence à souligner que le but de Sein und Zeit consistait à ne pas « raconter des histoires (μῦθος) », ne pas raconter des « métaphores », en d’autres termes, ne pas remplacer l’être par l’étant.Cette tentative de démythification ou dé-métaphorisation – à savoir, l’interdiction du remplacement de l’être par l’étant – exige de Heidegger de se séparer radicalement de la méthode philosophique traditionnelle qui s’appuyait sur certaines « assurances » argumentatives à première vue disponibles devant nos mains (« vorhanden ») – telles que la substance, Je, la subjectivité. Le choix de Heidegger consistait donc à commencer par la seule question de l’être, sans s’appuyer sur aucun étant.Cette nouvelle méthode permet à Heidegger de traiter la question de la temporalité en tant que « finitude » radicale du Dasein, sans se référer à une instance de l’infini actuel telle que l’éternité. Néanmoins, lorsque Heidegger tente de décrire la Geschichte ou Historie au cinquième chapitre de la deuxième partie de Sein und Zeit, il découvre une énigme du Geschehen qui dépasse la problématique de la temporalité du Dasein.En examinant cette difficulté que Heidegger rencontre et en la liant à la problématique heideggérienne ultérieure du langage, Derrida nous fait voir que l’interdiction de la métaphore ne peut qu’inviter une autre métaphore. Comme le dit Heidegger dans Zur Seinsfrage, dès que nous désignons l’être, le mot « être » se révèle à nous comme un étant, et nous sommes obligés de biffer cet étant, sans jamais parvenir à exprimer l’être comme tel. Le mouvement de démythification ou de dé-métaphorisation ne peut que se prolonger, se différer lui-même. Nous découvrons ici que Derrida esquisse l’un des germes de sa notion de « différance ». Le mouvement de la différance, prisonnière de la langue de la métaphysique, ne parvient jamais à exprimer l’être, mais témoigne de l’être au sein de la croix qui biffe le mot « être ». C’est cette trace de biffure qui nous fait voir l’historicité de l’être, historicité qui se trame comme métaphoricité de la métaphore.
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